AVIATION 14-18
AVIATION 14-18

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ARMEMENT ET COLLIMATEURS

La victoire dans le combat aérien, de même que dans les combats de terre et de mer, consiste à mettre l'adversaire hors d'état de continuer l'exécution de ses missions, soit en l'empêchant de se maintenir sur les lieux de combat, soit en détruisant son matériel et son personnel au point qu'il ne puisse continuer à résister.

Les actions qui ont pour but de choisir l'avantage de l'heure la plus favorable, de la position la meilleure, de la formation de combat la plus puissante, etc..., sont des éléments de la tactique de combat aérien.

Les faits qui résultent des qualités d'un avion, armement, vitesse, maniabilité, altitude, etc.., sont des éléments techniques.

Il est évident que les actions tactiques préparatoires au combat ne peuvent s'exécuter que si les caractéristiques techniques de l'avion le permettent.

Le fait pour un avion de posséder les 4 supériorités techniques de l'avion idéal de combat, c'est-à-dire, vitesse, armement, maniabilité, altitude, permet à son pilote de pouvoir bénéficier dans la lutte de tous les avantages tactiques.

L'armement est le facteur décisif du combat, c'est lui qui détruit la puissance de l'ennemi.

Appareil de visée dit "collimateur"

Tout avion comportant le tir à travers l'hélice est muni d'une ligne de mire naturelle formée par 2 tiges (guidons) réglables en hauteur et en direction. On doit de plus pouvoir y installer un des appareils suivants :

-un collimateur clair CHRETIEN de 25 mm de diamètre,

-un collimateur de 45 mm de diamètre.

L'appareil de visée doit être fixé à l'avion par l'intermédiaire d'un support et de boulons à prévoir par le constructeur. L'axe optique de l'appareil de visée sera disposé à 10cm environ du plan de symétrie de l'avion et à hauteur de l'oeil. La visée doit pouvoir se faire sans que l'oeil soit gêné par le vent; à cet effet on fait passer le collimateur à travers le pare-brise. La visée est facilitée en installant un appui-front sur lequel le pilote appuiera sa tête pendant le combat.

Le collimateur CHRETIEN du nom de l'inventeur et ici construit par J.BELUGOU et se trouve dans son emballage d'origine.

Henri CHRETIEN est un ingénieur opticien déjà réputé quand éclate la 1ère guerre mondiale (auteur de l'Astronomie Populaire). Il se porte volontaire et fut affecté à la Section Technique de l'Aéronautique militaire pour la mise au point de calculs et d'inventions d'instruments d'optiques de précision pour l'aviation. Il réalisa pour le chef d'escadrille Georges GUYNEMER un appareil destiné aux mitrailleurs de l'aviation, "le collimateur clair Chrétien".

Lunette de visée dit "collimateur" du fabricant LEMAIRE à Paris. Petit modèle de 25mm de diamètre.

Pour une vision optimale, le pilote doit avoir l'oeil directeur dans l'axe du collimateur et être à une distance de 7 à 10 cm. 

Ce modèle de collimateur possède un système d'obturation de la lentille avant, évitant ainsi le gel ou les salissures d'huile moteur. Une simple pression sur le bouton avant et le volet d'obturation s'ouvre.

Collimateur grand modèle de 45mm du fabricant LEMAIRE à Paris avec ses pieds de fixation dans sa caisse d'origine de transport.

Toutes les mitrailleuses présentées sur ce site

sont conformes à la législation actuelle.

(armes neutralisées par le banc d'épreuve de Saint-Etienne)

Mitrailleuses mobiles Lewis

Au début de la guerre, l'aviation ne disposait que de quelques fusils mitrailleurs HOTCHKISS, alimentés par une bande rigide de 18 cartouches ou une bande souple de 100 cartouches, montés avec des moyens de fortune sur biplaces. La mitrailleuse COLT, importé d'Amérique, et la mitrailleuse HOTCHKISS d'infanterie ont été employées en 1915 et 1916.

Le fusil automatique LEWIS, employé par l'infanterie et l'aviation anglaise, a commencé à paraître en 1915 et a rapidement remplacé les 3 types précédents de mitrailleuse.

La mitrailleuse Lewis aviation fut fabriquée par les manufactures BSA (Birmingham Small Arms) en Angleterre et Belgique, DARNE en France et SAVAGE aux USA.

Elle fut d'abord montée sur le plan supérieur des avions de chasse pour permettre le tir en dehors du cercle balayé par l'hélice. Ce dispositif, peu aérodynamique et incommode pour le rechargement, fut remplacé, au milieu de l'année 1916, par une arme tirant à travers l'hélice et synchronisée avec le moteur, de façon que les balles ne viennent pas frapper les pales de l'hélice, quelle que soit l'allure du moteur.

Ce fut d'abord une mitrailleuse LEWIS synchronisée avec le moteur RHONE; puis la mitrailleuse VICKERS, dont le mécanisme se prête aisément à la synchronisation et dont l'emploi a été généralisé sur tous les avions français et alliés comme arme fixe tirant vers l'avant.

Toutefois, les qualités de la mitrailleuse LEWIS, sa légèreté (8kg100), l'utilisation des chargeurs circulaires de 47, 97 et 122 cartouches (chargeur dit "camembert") et sa cadence de tir en constante évolution (jusqu'à dépasser les 750 coups par minute grâce à des accélérateurs de tir), lui ont permis de devenir par l'excellence l'arme mobile de tourelle.  

Sur tourelle, les mitrailleuses LEWIS seront souvent jumelées pour augmenter la capacité de tir, comme dans la présentation ci-dessous.

Ci-dessous, l'Adjudant Léon VITALIS (As mitrailleur aux 6 victoires) en exercice avec ses mitrailleuses Lewis jumelées. A noter que le système de jumelage présente une crosse d'épaulement et qu'une des deux mitrailleuses est équipée d'un déflecteur d'étuis de cartouches (le sac de récupération des douilles est absent). 

cliquer sur l'image pour l'agrandir

Ci-contre une mitrailleuse LEWIS qui se fixait sur le plan supérieur de l'avion.

 

Chargeurs et accessoires Lewis

Différents modèles de chargeurs pour mitrailleuse Lewis.

Le plus fin est d'une capacité de 47 cartouches et les 2 autres ont une capacité de 97 cartouches.

Les premières utilisations en aviation sont les modèles de 47 cartouches qui proviennent des stocks de l'infanterie. Mais ce modèle nécessitait l'emploi des 2 mains pour l'extraire de l'arme ce qui rendait la manipulation difficile en vol. Par conséquent, la première modification apportée à ce chargeur avant d'augmenter la capacité, fut l'ajout d'une sangle et d'un bouton pressoir permettant la manipulation avec une seule main et avec gant.

Par la suite le Lieutenant POULAIN augmenta la capacité des chargeurs de 47 à 97 puis à 122 cartouches, puis en fin de guerre il créa un chargeur à 175 cartouches. La difficulté à laquelle on se heurte au delà de 122 cartouches est la paresse de l'arme qui n'a plus d'énergie pour faire progresser cette masse. Cette difficulté fut détournée par la division du chargeur en 2 parties : une partie inférieure contenant 100 cartouches est entraînée par l'arme; et un chargeur supérieur entraîné par un gros ressort préalablement bandé et se déversant dans le chargeur inférieur au fur et à mesure que celui-ci se vide. Les britanniques inventèrent également un chargeur basé sur le même principe avec une capacité de 400 cartouches mais son poids et sa hauteur le rendirent inutile pour un emploi en avion. 

 

Le chargeur de 47 cartouches pèse 1,890 kg vide et 2,035 kg chargé et le modèle de 97 cartouches pèse 2,280 kg vide et 4,705 kg chargé.

 

 

 

Déflecteur et récupérateur de douilles pour la mitrailleuse Lewis

Système déflecteur d'étuis de cartouches avec sac récupérateur pour la mitrailleuse Lewis aviation.

Marqué SFA Service des Fabrications de l'Aviation.

Ici le sac a été découpé sur la partie basse. Il est normalement légèrement plus long avec un système de fermeture par crochet et boutons pressions.

Les photos d'époques semblent démontrer que son emploi n'était pas systématique.

 

Colliers de fixation pour mitrailleuse Lewis

Ci-dessous, 2 modèles de collier de fixation pour la mitrailleuse Lewis.

Les constructeurs ont été amenés à étudier la formule du tir à la mitrailleuse fixe vers l'avant à travers le champ balayé par l'hélice. Ce fut notament le cas de l'ingénieur Raymond SAULNIER qui déposa un brevet juste avant la guerre. Malheureusement son système pas totalement abouti, trouva peu d'intérêt auprès des généraux car il n'était pas encore question de combat aérien. 

C'est un peu plus tard avec l'arrivée du monoplan Morane Saulnier, que l'obligation de mettre au point un système de tir à travers l'hélice se fit pressant. Roland GARROS fut le premier à appliquer en avril 1915 ce principe par un dispositif particulier. La mitrailleuse tirait à son régime normal; pour éviter que les balles ne viennent frapper les pales de l'hélice et la faire éclater, deux masselottes ou déflecteurs d'acier extrêmement dur étaient fixés sur les pales au point même du passage des balles.

Les balles qui frappaient les masselottes étaient déviées et perdues, mais les autres passaient entre les pales et continuaient leur trajectoire vers l'objectif. Le pourcentage des balles perdues aurait été inférieur à 7 ou 8 pour 100, donc négligeable.

Roland GARROS obtient avec ce dispositif 3 victoires en deux semaines avant d'être contraint de se poser en térritoire ennemi.

Malgré ces victoires, un défaut rédhibitoire entraîna rapidement l'abandon de ce dispositif, c'était une perte de vitesse de 20 km/h due à la transformation de l'hélice mais aussi aux chocs provoqués par les balles. 

Mitrailleuses fixes Vickers

Les mitrailleuses employées en France au commencement de la guerre étaient le fusil-mitrailleuse HOTCHKISS, et la LEWIS, dans ces mitrailleuses le percuteur est lié à la culasse de telle sorte que le coup part dès que celle-ci est fermée et verrouillée. Pour produire une interruption entre deux coups, il faut arrêter la culasse en position extrême arrière. Aussi ne peut-on synchroniser ces armes en agissant sur la gâchette accrochant la culasse. Le système de fonctionnement de ces mitrailleuses crée des secteurs de dispersion énormes, et si la mitrailleuse est paresseuse, la culasse ne va pas à fond de course, ne peut s'accrocher et le tir n'est pas synchronisé.

La mitrailleuse VICKERS présentée ci-contre fut introduite en France en avril 1915. Cette mitrailleuse réunissait les conditions nécessaires au tir à travers l'hélice car il suffisait de déclancher la gâchette par un mouvement de 5 millimètres pour permettre la synchronisation. Le problème du tir à travers l'hélice revenait à la transmission d'un mouvement de 5 millimètres sur un avion qui se déforme par suite des vibrations, dont l'ampleur pouvait atteindre le centimètre.

Les Anglais possèdant cette mitrailleuse dans l'infanterie, et les Allemands ayant la mitrailleuse MAXIM de caractéristiques semblables (rappelons que Maxim fut associé à Vickers dans l'avant guerre sous la marque VSM : Vickers Sons and Maxim Ltd), l'aviation française se trouvait dans un état d'infériorité.

Nous avons donc été conduits à copier ce qui existait. De l'étude d'un avion FOKKER et d'un avion anglais, il fut conçu que le procédé allemand était supérieur puisqu'il possèdait le secteur critique et la constance approximative de la cadence.

Mitrailleuse VICKERS modèle 1909 du type terrestre utilisée sur avion.

Elle emplois soit des bandes en toile de 250 ou 500 cartouches, soit des maillons métalliques.

Son poids est de 13,5 kg et sa cadence de tir moyenne est de 550 coups par minute.

Le manchon refroidisseur du canon contient 4 litres d'eau.

La plupart des mitrailleuses VICKERS employées dans l'aviation se distinguent par des bandes de couleurs peintent au bout du manchon. Ces bandes de couleur définissent le type de calibre employé, une bande blanche pour du 8mm et une bande jaune canari pour du 7,65mm.

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© Samuel Kittler